La fin des grandes entreprises de fabrication d'instruments de Mirecourt

Le déclin de la lutherie industrielle en France - cinquième et dernier volet de notre série

Avec la crise économique mondiale, mais enfin avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et l'invasion de la France par l'Allemagne, les usines de Mirecourt ont connu un marasme dont elles ne se remettront pas dans l'après-guerre. Cependant, la disparition quasi simultanée de J.T.L., Laberte Magnié et Couesnon n'est pas seulement due à l'absence de demande pendant les années de pénurie qui ont suivi la grande catastrophe européenne et qui ont exclu tout retour à leur ancienne taille. Au contraire, l'innovation technique a également progressé rapidement dans la fabrication d'instruments, à laquelle les géants affaiblis de Mirecourt ne pouvaient plus participer efficacement.

En conséquence, de nouveaux sites à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe ont pris de l'importance, et en un temps étonnamment court, les trois sociétés ont cessé leur production à la fin des années 1960 : D'abord Couesnon, qui a dû déposer son bilan en mai 1967, puis J.T.L., qui a fermé ses usines en 1968, et enfin Laberte, pour laquelle il n'y a pas eu de successeur après la mort de Philippe Laberte en 1969. Seul le nom J.T.L. a survécu à cette coupure, en tant que marque déposée gérée par une société de Woodford Green, en Angleterre.

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